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Industrie aéronautique et spatiale : bilan concluant et projections d’avenir

Le 13 avril dernier, les acteurs majeurs du secteur aéronautique et spatial se sont retrouvés lors d’une conférence de presse pour présenter le bilan 2016 du marché. Organisée à l’initiative du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS), les responsables de grandes entreprises comme de petits groupements ont affiché des résultats 2016 satisfaisants. L’année écoulée a été particulièrement productive en termes de chiffre d’affaires, de commande et d’emplois. L’assemblée a également présenté ses perspectives pour l’horizon 2020. 

Chiffre d’affaires, commandes, emplois : des chiffres satisfaisants

2016 a résolument été une bonne année avec un chiffre d’affaires en croissance de 4,1 %. S’élevant à 60,4 Md€, la somme se divise en deux marchés : celui des activités civiles qui pèse 47,3Mds € soit 78 % du chiffre total et celui des activités militaires culminant à 13,1Mds €. Ces deux secteurs ont vu leur part augmenter de respectivement 4,8 % et 1,4 %. Cette belle évolution s’explique par la très forte composante exportation qui a gagné 5,9 % de part de marché supplémentaire et représente aujourd’hui 41,7 Md€. Grâce à un pôle d’excellence, à la compétitivité du matériel et aux compétences des employés, le secteur français se porte très bien et atteint une nouvelle fois une année record.

En ce qui concerne les commandes, 2016 a également été une période fertile avec 73,1 Md€ de contrats passés. Ces commandes démontrent une supply chain de qualité, rapide et performante. En effet, bien que le nombre de commandes se soit révélé un challenge pour les entreprises de supply chain, elles ont très largement relevé le défi avec l’appui d’une industrie solide et organisée qui valorise l’association entre équipementiers et PME. Grâce à cette productivité, le secteur devient le premier solde excédentaire de la balance commerciale. Le marché porteur de l’aviation civile ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives, puisque selon le président du GIFAS, « la France n’a jamais produit autant d’avions dans le domaine civil ».

Les ressources humaines ont également bien évolué. Il n’a fallu pas moins de 10 000 recrutements – dont 2 000 créations d’emploi – pour exécuter les commandes et les contrats. Pour 2017, le niveau reste élevé avec 8 000 embauches prévues. Les projections encourageantes résultent de deux paramètres : une commande dans ce milieu représente 5 années de travail et l’industrie prévoit une croissance constante à l’horizon 2020.

Performance, environnement, innovation : les enjeux du futur pour l’aéronautique

Bien que le futur s’avère faste, les dirigeants de l’industrie n’en oublient pas moins les difficultés que le groupement est susceptible de rencontrer.

Concernant la compétitivité des PME, le GIFAS a instauré en 2014 un grand programme « Performances Industrielles ». En phase 1, le co-investissement Etat-Industrie a permis à 97 % des PME d’améliorer leurs performances. La phase 2 est aujourd’hui lancée et inclut 13 régions afin « d’approfondir l’excellence française » selon Marwan Lahoud, président du GIFAS.

L’environnement représente également un point non négligeable avec la création du 1er accord mondial de compensation des émissions ainsi que la construction d’une filière de biocarburants aéronautiques durables.

En interne, les objectifs sont tournés vers la performance et le leadership. Avec la « Fabrique de l’Avenir », l’industrie travaille sur deux axes de développement : l’adaptation des processus et l’organisation de la production ainsi que l’innovation. Pour améliorer les processus, le secteur souhaite construire de nouveaux modes de travail collaboratifs, tandis que des fonds sont également levés pour améliorer les outils de production et développer les nouvelles technologies.

L’innovation se déploie sur tout le secteur, mais la filière spatiale sera la première bénéficiaire puisque l’enjeu est considérable : conserver sa place de leader du marché européen. Les objectifs sont de réduire la pollution, de s’adapter aux évolutions logistiques et d’anticiper la numérisation de la filière. Pour cela, le groupement co-préside le programme COSPACE et obtient 13 nouveaux contrats signés en 2016.

Si l’industrie aéronautique et spatiale représente un secteur d’excellence et créateur d’emploi, n’oublions pas que les constructions se font dans un cadre européen. Dans un monde post-Brexit, les processus amènent à modifier le paysage, il faudra donc agir en conséquence.

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