Salon du Bourget 2017

Retour d’expérience : Sopra Steria au Salon du Bourget 2017

L’édition 2017 du salon du Bourget marquait la première participation de Sopra Steria et de sa filiale CIMPA. Nous y avons fait des démonstrations sur le thème de la transformation digitale, qui était omniprésent pendant les six jours du salon. 

Sopra Steria, acteur de la transformation digitale de l’aéronautique

Dans notre « Chalet » nous avons présenté aux visiteurs et clients l’utilité des outils numériques appliqués à l’aéronautique. Le but ? Démontrer que la continuité numérique est la clé du décloisonnement des différents pôles métiers, de la conception et la fabrication jusqu’au service après-vente et au maintien en condition opérationnelle. Aujourd’hui ces pôles fonctionnent souvent en silo voire même en silo numérique. En effet, beaucoup de données sont disponibles mais exploitées uniquement par un des pôles, avec très peu d’informations transmises entre eux. À la fin de la conception, le produit passe par la case production, puis, une fois livré, le service après-vente prend la suite. Le lien avec la production et la conception est donc rompu, ce qui est encore plus vrai lorsque la maintenance est effectuée par d’autres entreprises que le constructeur ou l’opérateur de l’aéronef ; les données ne sont pas transmises ou exploitées durant tout le cycle de vie de l’avion. La continuité numérique permet d’exploiter l’ensemble des données pour optimiser les cadences de fabrication et améliorer l’opérabilité des avions. L’idée de base étant que l’ensemble des acteurs intervenant tout au long du cycle de vie ait accès aux informations les plus exhaustives et les plus pertinentes possibles.

À travers une quinzaine de démonstrations, nos équipes ont montré comment les outils de conception 3D associés à la maquette numérique et au concept de jumeaux numériques (Digital Twin) peuvent faciliter la communication entre les différents silos, tout en permettant à chacun d’avoir une vue qui lui est propre.

La maquette numérique guide la conception. Une fois en production, celle-ci peut être enrichie des éléments d’ingénierie et des données collectées tout au long de la chaîne de valeur, puis elle va servir aux équipes après-vente pour le maintien en condition. À noter qu’aux données issues des processus précédents viennent également s’ajouter les données provenant des innombrables capteurs installés dans les avions et dont la volumétrie explose d’où l’utilisation de plus en plus courante du Big Data.

Digital Twin, IA, big data… le numérique fait avancer l’aéronautique

À côté des différentes technologies, l’intelligence artificielle est également amenée à aider les équipes de conception, de fabrication et celles en aval du cycle de vie. Elle apparaît de plus en plus dans d’autres domaines comme la simulation du trafic aérien. Par exemple, nous avons présenté un chatbot, que nous avons mis à disposition des salariés d’un acteur majeur de l’aéronautique. En charge de la conception, ils peuvent accéder à ce chatbot dès qu’ils rencontrent un problème avec la plateforme numérique qu’ils utilisent. Le bot les guide, de manière interactive et en langage naturel, en fonction des différentes problématiques rencontrées sur leur outil de travail pour trouver une solution : présentation de bonnes pratiques et astuces, affichage de la documentation et des solutions au problème décrit. S’il n’y arrive pas, il mettra l’utilisateur en relation avec un conseiller spécialisé.

Cette solution permet de répondre à toutes les questions récurrentes que les utilisateurs se posent, et donne le loisir aux agents de se concentrer sur des questions plus complexes tout en améliorant les temps de réponse des équipes de support.

Une autre démonstration de l’utilisation des capacités de l’intelligence artificielle a été présentée sur le chalet : il s’agit d’un outil de validation de système de « commande et contrôle » (C2 system) comme celui que constitue un outil de gestion du contrôle aérien (Air Traffic Management System). L’IA est ici composée d’un outil d’apprentissage machine (Machine Learning) couplée à un système multi-agent se basant sur l’historique des vols réels pour simuler de manière vraisemblable une multitude de vols afin de tester et stresser le système.

S’agissant de la partie maintenance, dans notre démonstration sur l’opérateur du futur, nous avons présenté un outil utilisant Microsoft Hololens qui permet à l’opérateur de se former en étant immergé dans son environnement de travail mais aussi de préparer son travail et effectuer ses tâches en ayant l’ensemble des éléments nécessaires (documentation, schémas, vidéos, maquette numérique, etc.) directement en surimpression du monde réel et ce en temps réel et connecté avec le reste du système d’information de l’entreprise. L’intégration de services cognitifs lui permet par exemple d’interroger le système sur la valeur d’un couple de serrage de manière vocale en langage naturel et de recevoir la réponse sous forme audio mais aussi par affichage de la documentation ad hoc.

Sur tout le salon, nous avons pu noter l’omniprésence de la réalité virtuelle, la réalité mixte et la réalité augmentée. Le casque de réalité mixte Hololens était particulièrement omniprésent. Nous avons pu noter une forte pénétration de ces sujets dans l’aéronautique. Les salles de réalité virtuelle qui existent chez les acteurs du monde aéronautique depuis plusieurs années, sont maintenant complétées par des casques de réalité virtuelle de type HTC Vive bien moins chers et surtout portables. Il y a une vraie accélération de l’usage de ces technologies par rapport aux deux dernières années.

Le Digital Twin permet quant à lui de modéliser une usine pour simuler et tester les processus de fabrication ou de maintenance et éventuellement les optimiser. Dans un cadre moins industriel, le Digital Twin permet également de modéliser un produit et de réaliser la même démarche de test et d’optimisation. L’ajout de la réalité virtuelle et de la maquette numérique complète le dispositif dans la démonstration et permet de rajouter un volet formation des opérateurs en leur permettant d’acquérir les compétences nécessaires et d’être plongés au sein de leur futur environnement de travail sans mobiliser des ressources physiques. Ce jumeau numérique est un élément central et très important des différentes démonstrations faites lors du salon par les équipes Sopra Steria et CIMPA.

Concernant le big data, nous avons fait une démonstration de l’utilisation du prédictif sur la validation automatique des installations de test avant un vol d’essai permettant ainsi à l’ingénieur de test de se focaliser sur les problèmes plus importants. Une autre utilisation du prédictif a également été présentée pour l’amélioration des dates de livraison des avions aux clients. Ce démonstrateur – basé sur l’analyse à l’aide d’algorithmes prédictifs de données liées aux anomalies et défauts remontés lors de la phase amont de la livraison (Delivery Center) – permet de connaître le nombre d’anomalies que l’unité de production sera susceptible de rencontrer, avion par avion, et ainsi d’optimiser l’allocation des ressources et d’anticiper la résolution des problèmes.

Ces outils peuvent aider dans de nombreux domaines, et leur mise en œuvre devient un facteur d’accélération pour le marché, avec une adoption rapide chez les clients.

Les tendances et les besoins qui se dégagent du Salon du Bourget

Que ce soit pour les constructeurs ou les autres acteurs du marché, les deux sujets clés aujourd’hui sont le manufacturing et le service après-vente (In Service Support). Les acteurs historiques du secteur aéronautique s’intéressent de plus en plus à la maintenance et à la valorisation des données au travers de la création de nouveaux services aéronautiques comme relais de croissance. Ce marché pèse de plus en plus lourd au niveau mondial avec la livraison de plus en plus d’avion. Le lancement de Skywise, la plateforme digitale du monde aéronautique, par Airbus donne un signal fort au marché.

Grâce à la continuité numérique, au traitement des données et aux technologies associées les avancées vont être notamment rapides dans ces deux domaines.

Toutes ces technologies seront rapidement intégrées dans les systèmes d’information de nos clients, c’est la tendance de fond. L’ouverture au cloud aussi est d’actualité. Historiquement, le système d’information de l’entreprise était hébergé dans l’entreprise. Aujourd’hui, on tend à l’étendre que ce soit dans le cloud ou dans des applications ne s’exécutant plus nécessairement dans les Datacenter des acteurs du secteur mais aussi chez leurs sous-traitants ou clients.

Côté client, la connectivité à bord des avions est désormais un atout clé qui commence à se développer, notamment sur les lignes nord-américaines. Pour un prix équivalent, les clients s’attendent à des services toujours plus performants et l’hyper connectivité en fait partie.

Nous avons également eu beaucoup de questions sur la cybersécurité liée aux systèmes d’information mais aussi à l’outil industriel. Même si ce n’est pas encore une tendance, c’est un véritable point d’attention. Les derniers événements (tel que le virus Wanna Cry et son impact sur les industries) et leurs conséquences sur l’outil de production, font émerger ce sujet au niveau industriel. La multiplication des objets connectés sur les chaînes de production et dans les avions change la donne. Avant, un avion était relativement isolé, maintenant il est connecté, ce qui renforce les interrogations.

Une nouveauté du salon, le “Paris Air Lab”

Le « Paris Air Lab » a permis de mettre en avant des startups et leurs savoir-faire. L’intervention du CTO d’Airbus, Paul Eremenko ancien de Google, a été riche. Après avoir fait un tour des grandes thématiques du secteur et il a rappelé l’importance de la transformation digitale dans le secteur aéronautique.  

Les startups présentées avaient, quant à elles, différents niveaux de maturité. Pour les plus matures, l’usage immédiat de leurs technologies était directement perceptible quand d’autres, plus jeunes, nous ont présenté des choses très en avance sur leur temps. Leur présence rejoint une tendance de fond dans le monde aéronautique, les grands groupes s’y intéressant dans le but de ne pas rater d’innovations majeures. Un exemple marquant est celui de l’incubateur Airbus, le BizLab, qui permet d’identifier des startups prometteuses pour, à terme, les absorber ou prendre des participations mais aussi permettre à des salariés d’Airbus de mettre en œuvre et valoriser leurs idées.

Le bilan de ce Salon du Bourget 2017 est plus que positif pour Sopra Steria, et nous donne toutes les raisons de participer aux prochaines éditions. Nos clients progressent rapidement dans leur transition digitale, et commencent déjà à adopter et maîtriser certaines solutions, comme la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Notre conviction est simple : grâce à la continuité numérique, toutes les technologies facilitent le passage entre les différents silos de l’aéronautique (conception, manufacturing, SAV).

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