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5 mythes et vérités sur la Blockchain et ses opportunités

Un mythe voit presque toujours le jour lorsque les gens ne comprennent pas ou interprètent mal quelque chose. De ce point de vue, la Blockchain offre beaucoup de matière pour les mythes, car la technologie n’est vraiment pas facile à comprendre. Il est temps de faire le tri.

Nous avons réalisé récemment un inventaire de quelques histoires vraies et faits amusants concernant la Blockchain. Afin de pouvoir déterminer de façon juste le potentiel de cette technologie, il est utile de savoir ce qui est au coeur des cinq mythes suivants concernant la Blockchain :

[Lire aussi : La Blockchain – Prélude]

Mythe 1 : La Blockchain est une base de données et un énorme ordinateur décentralisé

Ce n’est pas exact : du point de vue du résultat, la Blockchain est une (longue) liste de transactions. Au moment de la publication originale de cet article le 6 novembre 2017, la Blockchain de la crypto-monnaie Bitcoin avait une taille d’environ 143,6 GB. Par rapport à une base de données, la Blockchain se distingue par la traçabilité des actions. Une base de données est au contraire caractérisée par sa disponibilité et ses performances, ce qui n’est pas le point fort de la Blockchain.

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d’ordinateurs qui font en principe tous la même chose : ils vérifient les mêmes transactions dans la Blockchain et sauvegardent l’historique dans la liste. Ce n’est donc pas la puissance informatique partagée qui importe, mais l’organisation décentralisée. C’est exactement ce dernier point qui fait l’une des plus grandes forces de la Blockchain, car si tous les ordinateurs effectuent des tâches identiques, à savoir enregistrer une liste des centaines ou des milliers de fois, cela devient quasi impossible, grâce au système, de la pirater ou de la manipuler.

Mythe 2 : La Blockchain est assoiffée d’énergie

Le magazine allemand Computerwoche a calculé que “si la moitié des personnes dans le monde qui ne possède pas un compte propre utilisaient un jour la technologie Blockchain, la consommation d’électricité serait supérieure à la globalité de la production actuelle”. Et le BTC-Echo ajoute : “Si Bitcoin était un état, il occuperait la 76ème place parmi les états les plus énergivores du monde, entre le Liban (77ème) et Cuba (75ème).”

Ce mythe n’est pas tout à fait vrai : la technologie elle-même n’est pas énergivore. La consommation d’énergie dépend du type de Blockchain utilisée : Blockchain publique distribuée ou Blockchain privée.

Sur le plan énergétique, une Blockchain privée peut fonctionner beaucoup plus efficacement qu’une Blockchain publique distribuée. De plus, le procédé de consensus utilisé ou Proof-of-Work-Protocol joue un rôle. Il s’agit d’une méthode énergivore, car elle nécessite de la puissance de calcul, et ce également quand la crypto-monnaie Bitcoin est utilisée. Quelques fournisseurs veulent cependant basculer à l’avenir sur le procédé de minage Proof-of-Stake (preuve d’enjeu), moins énergivore.

[Lire aussi : La Blockchain au-delà du Bitcoin : les Smart Contracts]

Mythe 3 : La Blockchain est sûre et fiable

Ce mythe n’est pas facile à prouver ni à réfuter : les transactions stockées dans la Blockchain sont, d’après toutes les connaissances actuelles, sûres, parce que personne ne peut modifier des entrées après coup, c’est-à-dire les falsifier ou les supprimer. Les transactions effectuées par la Blockchain et les tâches déclenchées par ce que l’on appelle les Smart Contracts sont donc sûres.

Toutefois, cette promesse ne s’applique évidemment pas (encore) aux applications utilisant la technologie Blockchain. Ici, le paradigme de l’informatique d’entreprise selon lequel la sécurité informatique garantie à 100 % n’existe pas est donc exact. Déjà en 2016, l’hebdomadaire allemand “Die Zeit” avait publié un article sur un hold-up moderne dans la Blockchain de 50 millions $ à la “Decentralized Autonomous Organization“ (DAO). Pour faire court, les voleurs ont utilisé un point faible dans le code du programme de l’application qui exécutait les transactions de la Blockchain.

Mythe 4 : La Blockchain supprimera des industries et des professions entières

Ce qui est exact : pour les contrats utilisant la Blockchain, à proprement parler, je n’ai plus besoin d’intermédiaires, par exemple de notaires pour certifier certains contrats. D’autres certificats, par exemple ceux délivrés par des officiers d’état civil, pourraient également être remplacés par la technologie. Cependant, c’est encore loin d’être le cas, car les dispositions légales exigent des notaires ou des fonctionnaires pour un grand nombre de cas. Il faudra probablement longtemps avant que cette situation ne change. En outre, ces professions ont d’autres tâches que la certification des contrats. Il est donc plus probable que ces professions évoluent sans être complètement victimes de la Blockchain. De plus, elle créera probablement aussi de nouveaux intermédiaires, des personnes qui, par exemple, conseilleront les entreprises sur l’utilisation de ces technologies complexes.

Le secteur financier est dans une situation similaire et il est le premier à être mentionné quand on parle d’adieux. Le Manager Magazin a écrit en mars 2017 : “Pour la Deutsche Bank, Blockchain est l’une des premières idées réellement perturbatrices du secteur de la haute technologie. La grande banque espagnole Santander prévoit un potentiel d’économies pouvant atteindre 20 milliards $ par an et aurait déjà rassemblé dans son laboratoire d’innovation 20 à 25 cas d’application qui pourraient utiliser la nouvelle technologie”.

La peur de la chute a un autre visage. En fait, les banques sont parmi les protagonistes les plus actifs et font beaucoup pour promouvoir leur propre numérisation à l’aide des technologies Blockchain. On ne peut donc pas parler d’adieux en ce qui concerne les banques.

Double mythe 5 : “La Blockchain va révolutionner le monde” vs “La technologie n’est qu’un battage publicitaire éphémère”

Le fait est que la Blockchain commence à bouger, dans la mesure où une chaîne le peut. Près d’une entreprise interrogée sur deux (47 %) lors de notre analyse du potentiel et connaissant cette technologie, est déjà en train d’analyser l’utilisation dans sa propre organisation ; 21 % travaillent même sur des prototypes. Cependant, seulement 7 % des spécialistes et des dirigeants considèrent que la technologie est actuellement prête pour la mise sur le marché.

De nombreux experts soulignent le potentiel de la Blockchain comme publié par les équipes de Sopra Steria Consulting en Allemagne. Mais pour la faire monter en puissance, un cadre juridique et des normes contraignantes sont nécessaires. Cela nécessite plus de savoir-faire sur le sujet, des modèles commerciaux et peut-être aussi une application géniale qui donnerait à tout battage médiatique un coup de pouce significatif. Alors, j’en suis persuadé, la Blockchain a vraiment un potentiel révolutionnaire. Il ne s’agit en aucun cas d’un battage publicitaire éphémère.

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Stefan Kalkowski

IT Consultant at Sopra Steria - Germany
Dr. Stefan Kalkowski is a graduate mathematician and Doctor of Computer Science. Since the beginning of 2017 he has been working for Sopra Steria Consulting on Blockchain and supervisory IT in the financial sector

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