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Le Big Data, même pour les petits

12 janvier 2017

Le Big Data, même pour les petits

Tous droits réservés : Süddeutsche Zeitung/Worldcrunch – Par Helmut Martin-Jung

Les petites entreprises ne peuvent pas se permettre d’investir dans des superordinateurs. Le Big Data ne devrait pas être seulement l’apanage des plus riches, une situation à laquelle l’Union Européenne entend remédier.

Cette merveille d’ouvrage que l’on appelle le corps humain est complexe. Tellement complexe que l’on ne s’étonne guère qu’un médicament censé combattre l’hypertension et les angines de poitrine s’avère tout aussi efficace envers les problèmes d’érection masculine. Le cas du Viagra n’est qu’un exemple parmi d’autres de découvertes fortuites, purs fruits du hasard. C’est ce constat de base qui a poussé l’entreprise de bioinformatique Transinsight, basée à Dresde en Allemagne, à permettre à des groupes pharmaceutiques de se pencher sur les effets de certains principes actifs sur l’organisme, au-delà de ceux désirés et connus.

Le problème ? Seul un superordinateur est en mesure de traiter la quantité gigantesque de données nécessaire à cette tâche. Or, c’est un matériel coûteux et rapidement obsolète. Heureusement, un nouveau projet de l’Union Européenne, baptisé Fortissimo, arrive à point nommé pour Transinsight. Son but : garantir aux petites et moyennes structures l’accès à la puissance d’un superordinateur.

« Les entreprises doivent s’inscrire », précise Carolyn Brock de l’Université d’Édimbourg, qui a accepté de prendre la direction de ce projet européen. « Nous avons reçu 40 demandes d’inscription lors du dernier cycle et nous en avons accepté 11 ». Le projet a pour but d’encourager la compétitivité de ces PME. « Certaines entreprises sont très petites et trouvent cela très difficile de s’adresser à la Commission Européenne, dit-elle, car ce sont des techniciens et qu’ils ne savent pas comment s’y prendre ».

Pourtant, un nombre important d’entreprises font cet effort. « Nous n’offrons pas seulement du temps de calcul, nous formons également les participants et, dans le cadre du projet, nous les mettons en relation avec les meilleurs experts d’Europe », explique Carolyn Brock. Elle est également convaincue que les universités et les centres de données y trouveront leur compte. « Nous permettons aux universités de nouer des liens avec des experts de l’industrie qu’elles n’auraient peut-être jamais été amenées à rencontrer ».

L’accès aux ressources est gratuit pour les participants à ce projet pilote. C’est une situation qui n’est évidemment pas viable dans la durée ; il existe cependant, depuis le mois d’octobre, une solution d’accès à cette puissance de calcul à faible coût pour les entreprises. Les institutions qui prennent part au projet ont ouvert, sous la forme d’une organisation à but non lucratif, un marché de services de supercalcul. Moyennant une contribution modeste, les structures peuvent mener à bien leur opération sans avoir à se déplacer : tout se fait en ligne.

Les utilisateurs paient simplement en fonction de leurs besoins, qu’ils relèvent du domaine logiciel, matériel ou du savoir-faire. Comme dans le projet pilote, la boutique en ligne de Fortissimo offre bien plus que de la simple puissance de calcul. « Nous aidons les entreprises à comprendre ce qu’elles sont véritablement en train de faire ».

Parmi les 130 organisations qui participent au projet pilote de Fortissimo, seuls les partenaires principaux ont initialement accès à la boutique de services. Mais le but, selon Carolyn Brock, est que les autres suivent petit à petit et attirent de nouveaux utilisateurs. Elle espère ainsi pouvoir réduire le palier à franchir pour les PME en quête d’une importante capacité de calcul pour leurs projets. De plus, les entreprises peuvent également proposer leurs services à d’autres utilisateurs.

Fortissimo ne se pose pas en concurrent d’autres fournisseurs de services de “cloud”, tels qu’Amazon Web Services – ces derniers offrant avant tout de la puissance de calcul, dont les petites entreprises ne sauraient profiter pleinement, faute de savoir-faire. Un superordinateur est, par ailleurs, bien plus qu’un simple calculateur en ligne.

Outre le simple service qu’il fournit, Fortissimo mise sur l’apprentissage : l’utilisation de superordinateurs, planifiée et mise en application en étroite collaboration avec l’entreprise, permet d’en mesurer la valeur économique ajoutée.

Design de pièces complexes, tests par ordinateur de modèles de pré-serie… ces simulations permettent aux entreprises de réduire, voire de supprimer, la production de prototypes, et de réaliser ainsi de précieuses économies. Le premier cycle de Fortissimo se termine en décembre 2016. Le second, initié en novembre 2015, arrivera à son terme en octobre 2018. Pour les deux projets, l’UE prend à sa charge 26 millions d’euros sur un coût total de 32,8 millions d’euros.

Au-delà des universités et instituts de recherche, des entreprises telles que Bull ou Intel participent également au projet Fortissimo. Une université allemande figure aussi au nombre des candidats : l’Université de Stuttgart et son Centre de Calcul Haute Performance (HLRS) qui abrite Hazel Hen, le superordinateur le plus rapide d’Allemagne. Fortissimo est inclus au sein de la structure européenne I4MS (ICT Innovation for Manufacturing SMEs) dont le but est de préserver la compétitivité des PME européennes sur le marché mondial. Sont également favorisés, en plus des simulations dans le nuage, les projets de robotique, de technologie laser, ainsi que les appareils reposant sur des capteurs intelligents.

Superordinateur

Les superordinateurs sont souvent utilisés dans le cadre de simulations. Leur puissance de calcul permettant la réalisation de simulations toujours plus proches de la réalité, ils sont particulièrement efficaces lorsqu’il s’agit de prendre en compte des scénarios multiples. Le premier superordinateur, créé par l’entreprise Cray, a vu le jour dans les années 1970 ; n’importe quel processeur Intel actuel calcule déjà près de 250 fois plus vite que son ancêtre. Dans un superordinateur, plusieurs processeurs travaillent en parallèle, reliés les uns aux autres par des câbles à connexion ultra-rapide.
Les anciens superordinateurs utilisaient également des processeurs graphiques, ceux-ci offrant de multiples unités de calcul parallèles. Ce sont des machines énormément gourmandes en énergie : Hazel Hen, le superordinateur le plus rapide d’Allemagne, consomme 3200 kilowatt. Linux est le système d’exploitation privilégié, et pour qu’un superordinateur tire pleinement profit de sa capacité de calculs simultanés, les logiciels qu’il utilise doivent être adaptés.

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