Blockchain : le nouvel ADN des transactions financières

Blockchain : le nouvel ADN des transactions financières ?

La blockchain est une technologie disruptive qui crée un nouveau modèle d’échange sécurisé de transactions financières. Elle supprime les intermédiaires et combine cryptographie, enregistrement dans un registre partagé et consensus distribué sur internet. L’effet disruptif de la blockchain est bien réel à moyen terme. Ses caractéristiques d’échange pair à pair, d’irrévocabilité et d’authentification pourraient remettre en cause le modèle bancaire de tiers de confiance.

Le monde financier a pris conscience du risque de désintermédiation et s’organise en conséquence. Plusieurs banques mondiales se sont ainsi regroupées autour de communautés dont le Consortium R3 afin de proposer leur solution. L’idée est de s’imposer parmi les 6000 blockchains privées et publiques afin de continuer à gérer les transactions financières, mais aussi d’en élargir l’utilisation à l’échange de valeur. Si la blockchain est nativement open source, la course pour son contrôle est lancée. Au-delà de la maîtrise de la chaîne, les banques ont réalisé que l’utilisation de cette technologie serait source d’économies pour leurs infrastructures par l’automatisation de processus. Dans un rapport de 2015, la Banque Santander a estimé à 15 milliards de dollars par an les économies possibles pour le groupe. De nombreuses institutions financières lancent études et initiatives afin d’explorer les opportunités de cette technologie. Les investissements évalués à 75 millions de dollars en 2015 et 400 millions de dollars en 2019 (source Aite Group) sont en rapport avec le ROI attendu.

Pour sa part, Sopra Banking Software a identifié plusieurs use cases qui montrent l’intérêt de la blockchain dans le domaine des paiements :

Correspondent banking : la blockchain supprime les intermédiaires bancaires et ainsi réduit les coûts, les délais et les risques lors de transferts internationaux.

Le trade-finance : la blockchain et les « smart contracts » permettent de s’affranchir des acteurs traditionnels, d’enregistrer le changement de propriété et de déclencher simultanément un règlement plus rapide à un coût faible, tout en diminuant les risques de fraude.

L’authentification forte : la blockchain et son principe de registre partagé appliqué à un référentiel de clients authentifiés répondent au besoin de KYC dont l’obligation est règlementaire pour les banques, et seront la base d’un système d’authentification forte pour les moyens de paiement.

Les réseaux de paiements domestiques : l’utilisation d’une blockchain « privée » peut permettre de gérer des transactions de paiements domestiques par carte de manière efficace et sécurisée, mais aussi de s’affranchir d’une infrastructure lourde et coûteuse ; elle peut ainsi devenir une alternative crédible aux réseaux traditionnels comme Visa et MasterCard.

L’Internet des objets : la blockchain peut accélérer l’émergence de ce marché en simplifiant l’intégration et la communication entre les différents systèmes et surtout en amenant le niveau de sécurité nécessaire à la confiance des utilisateurs pour effectuer une transaction de paiement.

L’année 2015 fut celle de la prise de conscience de la rupture. 2016 sera celle de la mise en application de la blockchain au sein de cas d’usages métier et de la résolution de quelques contraintes techniques, notamment autour des capacités de traitement et du temps réel.

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Olivier Perrin & Jean-Charles Ricomini

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