Comment utiliser la technologie pour améliorer le secteur de la santé ?

On dit que la connaissance est source de pouvoir. L’arrivée des accessoires de suivi de notre état de santé est perçue comme un moyen de promouvoir un mode de vie plus sain grâce aux nouvelles technologies. Le fait que chacun d’entre nous puisse désormais suivre toutes sortes d’indicateurs ouvre la voie à une amélioration potentielle de notre santé et de notre bien-être général. De nos cycles de sommeil, au nombre de calories que nous brûlons chaque jour, de nombreux outils de suivi en temps réel sont aujourd’hui à notre portée.

Toutefois, l’impact de ces accessoires de santé dépasse largement celui qu’ont généralement les simples gadgets électroniques. En effet, leur capacité à bousculer le modèle réactif traditionnel de traitement des patients se fait déjà sentir sur le secteur des soins de santé. Selon des études récentes sur des appareils Apple, la croissance d’utilisation d’applications liées à la santé est plus de 80 % plus rapide que celle des applications mobiles dans leur ensemble, tous secteurs confondus.

Mais ce n’est pas tout… Ces accessoires, leur utilisation et les données qu’ils collectent ont un énorme potentiel. Et cela dépasse largement le cadre de l’individu lambda qui souhaite garder une trace de ses séances d’entraînement quotidiennes ou compter ses calories. Ces outils pourraient donc bien révolutionner le secteur des soins de santé. Les exemples ne manquent pas, mais je vais me contenter de vous en présenter trois :

  • Accéder au dossier médical électronique d’un patient et l’envoyer vers des lunettes Google Glass, par exemple, permet à un professionnel de santé de consulter des informations pertinentes, telles que des résultats d’analyse et des constantes, sans avoir à passer par un ordinateur.
  • Transférer des données enregistrées par un patient sur un accessoire vers son dossier médical électronique, dans le cadre d’une hospitalisation, peut également être utile. Apple collabore d’ailleurs actuellement avec plusieurs fournisseurs sur des solutions de transfert de données entre sa plate-forme HealthKit et le système de gestion des dossiers médicaux électroniques. Les professionnels de santé pourraient alors utiliser les données jugées pertinentes pour détecter plus facilement, et plus tôt, des signes avant-coureurs de maladies et éviter des complications. C’est-à-dire être proactifs plutôt que de réagir aux symptômes du patient.
  • Le partenariat entre Intel et la fondation Michael J Fox finance la recherche dans le domaine de l’amélioration du suivi de la maladie de Parkinson. Les accessoires utilisés collectent des données qui mesurent la sévérité des symptômes et la progression de la maladie. Les données collectées par des patients qui suivent un nouveau traitement, concernant l’effet de ce dernier sur la fréquence de leurs mouvements, peuvent par exemple révéler des informations intéressantes sur l’évolution de la maladie.

Les technologies liées aux accessoires suscitent donc un fort intérêt dans le secteur de la santé. Mais il convient de ne pas se leurrer, une approche purement technologique ne suffira jamais à résoudre tous les problèmes auxquels ce secteur doit faire face. Et ce n’est sans doute pas la première, ni la dernière fois que la nouvelle technologie d’aujourd’hui nous semblera, demain, totalement obsolète.

Le secteur de la santé doit parvenir, d’une manière ou d’une autre, à faire en sorte que la société dans son ensemble bénéficie de ces avancées technologiques. Cela implique, entre autres, des questions de réglementation, d’adhésion de la part des professionnels de santé et de traitement confidentiel des données. Autrement dit, de quoi écrire un autre billet de blog !

L’accent doit être clairement mis sur l’utilisation de données « pertinentes » à des fins d’amélioration de la santé des personnes. Sans quoi, le marché continuera à être dominé par des gadgets, tous justes bons à accumuler des quantités de données phénoménales, et dont la mode passera. Ces technologies doivent se focaliser sur des aspects bien précis, par exemple des maladies chroniques telles que le diabète ou l’épilepsie. Et ce afin de faire basculer le modèle de soin réactif que l’on connaît actuellement vers un modèle prédictif et préventif, pouvant éventuellement conduire à une baisse du nombre de consultations et d’hospitalisations. À long terme, cela pourrait également contribuer à la réduction des dépenses de santé.

Pour finir, il n’est pas sans intérêt de noter une statistique, rapportée par l’un des intervenants au cours d’une conférence à laquelle j’ai récemment assisté. En Écosse, un peu moins de 2 % de la population est à l’origine d’environ 50 % des dépenses de santé. Parmi ces personnes, nombreux sont sans doute des patients atteints de maladies chroniques à qui ces technologies seraient indubitablement bénéfiques.

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Darren Links

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