Innovation

Corporate hacking : quand les intrapreneurs font bouger les lignes

7 mai 2018

Corporate hacking : quand les intrapreneurs font bouger les lignes

Parce que les meilleures idées ne naissent pas toujours au niveau du Comex, les entreprises ont tout intérêt à laisser s’exprimer les corporate hackers et les intrapreneurs en herbe : de leurs initiatives personnelles découleront peut-être les process ou les produits de demain.

Et si on procédait différemment ? Pour le « corporate hacker », la question n’est pas simplement rhétorique. Ce terme anglo-saxon désigne les collaborateurs qui n’hésitent pas avancer sans l’aval de leur direction quand ils sont convaincus que leur façon de faire est meilleure que la règle établie. Bien sûr, ils font régulièrement fausse route, mais il leur arrive aussi d’avoir raison et de mettre le doigt sur un dysfonctionnement ou un axe d’amélioration que personne n’avait encore identifié.

Les contributions se situent souvent à un niveau très micro (optimiser un process, modifier l’organisation d’une équipe), mais elles peuvent aussi influencer durablement la marche de l’entreprise à un niveau nettement plus macro : identification d’un nouveau débouché commercial, diversification ou autre partenariat stratégique. Certains vont même jusqu’à transformer de fond en comble l’entreprise qui les emploie.

Dans un contexte où tout le monde est concerné par des enjeux de transformation, le corporate hacker et sa bonne volonté ne mériteraient-ils pas d’être encouragés ? L’engouement pour les startups, les incubateurs et les concours d’innovation ouverte ne doit pas faire oublier que les bonnes idées naissent aussi en interne.

Distinguer le corporate hacker et l’intrapreneur

Au sens littéral, le corporate hacker désigne celui qui va modifier les procédures internes à l’entreprise en fonction de ses envies ou de ses besoins. On l’associe donc plutôt aux profils qui osent s’attaquer aux process et à l’organisation interne, généralement pour gagner du temps ou améliorer l’efficacité opérationnelle. Le corporate hacker va par exemple créer de toute pièce un outil chargé d’accomplir une partie de sa mission à sa place ou créer une passerelle entre deux silos pour aller chercher l’information dont il a besoin : en cas d’efficacité avérée, il est en mesure de faire économiser de l’argent à l’entreprise.

D’autres mettent à profit leur ingéniosité pour repenser les produits ou les services de l’entreprise, allant parfois jusqu’à s’approprier un pan entier de l’activité. On parle alors plutôt d’intrapreneurs, des profils susceptibles de monter un nouveau projet dans l’ombre de A à Z, avant d’aller le présenter à leur direction.

En termes de management, ces électrons libres sont certainement plus difficiles à encadrer, d’autant qu’il faut séparer le bon grain de l’ivraie au niveau des propositions formulées, mais c’est là tout l’enjeu !

Tendre vers le performance hacking ?

Reste à voir comment canaliser ces hackers et structurer la démarche pour qu’elle profite à l’ensemble de l’entreprise, dans une logique d’innovation au service de la performance. D’un côté, il leur faut une certaine latitude pour agir à leur guise et expérimenter. De l’autre, il faut mesurer l’efficacité des différents tests, veiller à ce que les succès soient bien partagés et s’assurer que les échecs ne soient pas reproduits.

Selon l’organisation de départ, adopter cette approche « performance hacking » risque d’exiger des ajustements substantiels : il faut par exemple se préparer à l’idée de faire bouger les lignes de l’organisation interne, débloquer des moyens spécifiques, faire preuve de souplesse quant au respect de certaines procédures non critiques ou développer une tolérance nouvelle au risque.

Le jeu en vaut toutefois largement la chandelle. A court terme, l’entreprise profite d’optimisations bienvenues. Sur le plus long terme, elle favorise l’émergence d’une vraie culture de l’innovation et de la performance partagée entre tous les collaborateurs, les hackers et les autres.

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