Cybersécurité

La révolution cyber et les services de renseignement : la collusion de deux mondes

25 juin 2018

La révolution cyber et les services de renseignement : la collusion de deux mondes

Cyber et renseignement sont deux notions intimement liées. Les passerelles existantes entre ces deux mondes doivent être étendues car la massification de la donnée impose de décloisonner son usage. L’harmonisation des données, leur partage, leur diffusion et leur mise à disposition d’un service à un autre, d’un analyste spécialisé à un autre, sont les prochains enjeux pour garantir la qualité et la disponibilité des données.

LE RENSEIGNEMENT AU SIÈCLE DE LA DONNÉE

L’enjeu principal pour les services de renseignement consiste à maitriser une masse de données (Big Data) afin de produire une information pertinente. Le XXIe siècle est définitivement le siècle de la donnée. Données qui deviennent des jalons laissés par chaque individu, organisation, entreprise ou Etat sur son parcours numérique et qui peuvent potentiellement être exploitées afin d’en dégager une forte valeur ajoutée (renseignements, identités, comportements, etc.).

Face à la multiplication des données, l’essence du renseignement cyber ne varie toutefois pas. Il a toujours vocation à produire une information – souvent dans un temps contraint – agissant comme une aide à la décision. Dans cette perspective, la numérisation constitue un véritable démultiplicateur d’effets en ce qu’elle permet d’exploiter au mieux de véritables gisements d’informations grâce à des outils efficients de Data Mining associant les nombreux traitements de données structurées et surtout non structurées.

DES COMPÉTENCES EN MUTATION

Ainsi, le métier de demain, dans le renseignement qu’il soit criminel ou militaire, pénitentiaire ou économique, supposera agilité et appréhension de la technologie cyber et numérique au service de l’analyse. La révolution de la donnée fait donc apparaitre le besoin d’ingénieurs à la pointe, d’officiers de terrain mais également de sociologues, d’anthropologues, de politistes ou de juristes dont les savoirs croisés permettront de trier l’information et de fournir une conclusion, objectif final de l’analyste qui supplantera toujours la machine.

L’opérateur doit alors être constamment accompagné pour faire face aussi bien à la désinformation qu’à la profusion d’information. En effet, l’exploitation manuelle des volumes de données cyber toujours croissants expose à des risques fonctionnels conduisant à l’incapacité de repérer, structurer et partager des informations pertinentes. Si la technologie représente une aide bienvenue dans cette démarche, elle doit être travaillée aussi bien par l’analyste que l’opérationnel car il est indispensable, face à cette avalanche de données disponibles, de cibler, de corréler voire de déchiffrer.

Aujourd’hui, la continuité de la menace, aussi bien à l’extérieur de nos frontières que sur le territoire national, oblige tous les acteurs concernés à l’interopérabilité. Il ne peut plus y avoir de frontière entre cyber et renseignement.

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