Digital Factory Projets digitaux

Digital Factory : la DSI au cœur des projets digitaux

Avec le digital, de nouvelles fonctions voient le jour dans l’entreprise, du data scientist à l’UX designer, en passant par l’ingénieur DevOps ou le product owner. Quel meilleur endroit que la Digital Factory, cet espace de travail dévolu à l’industrialisation des solutions digitales, pour que la DSI toute entière se hisse à un niveau plus stratégique, devenant ainsi un élément différenciant au sein de cette nouvelle organisation agile. Car le temps n’est plus à l’expérimentation, mais à la production.

Vitesse de décision, d’exécution, d’adaptation des systèmes, mutations technologiques, nouveaux entrants disruptifs… Le rythme imposé par la transformation digitale des entreprises est intense. Proposer et adapter les produits et les services aux exigences des clients est un défi quotidien pour l’entreprise. Pour suivre le rythme, il lui faut un espace de travail bien à elle, situé dans des locaux dédiés, délocalisé ou encore distribué ; des équipes pluridisciplinaires d’experts, de développeurs, d’utilisateurs métier ou encore d’UX designers, venant de l’organisation interne de l’entreprise mais issus également de partenaires, et un moteur, disons l’agilité. Ce nouveau « lieu » emblématique, c’est ce qu’on appelle la Digital Factory. Son objectif : délivrer de manière industrielle des solutions digitales.

Alors que des nouvelles technologies au service du digital ne cessent d’émerger, les organisations traditionnelles ne permettent pas d’aller suffisamment vite dans l’adoption de ces nouvelles capacités. Il faut maîtriser les environnements mobiles, suivre les évolutions du web, y ajouter l’IoT, tout en exploitant le data lake (nouveau concept, le lac de données permet de conserver des masses de données brutes facilement exploitables). Les nouvelles interactions vocales et les apps intelligentes remettent en cause la roadmap digitale à peine établie…

Casser les silos ancestraux

C’est en ce sens que la Digital Factory rebat complètement les cartes dans l’entreprise. Non seulement, elle casse les silos et invite tous les talents à se rassembler au sein d’une plateforme collaborative, mais elle brise également les « vieilles » segmentations des ressources humaines où DSI et experts métiers ne mettaient que trop peu souvent leurs compétences en commun. La Digital Factory est une nouvelle organisation « en plus », autonome même si intégrée…

On sent venir les craintes de certains : va-t-elle échapper à la DSI, marginaliser cette dernière ? Non ! Elle n’a pas vocation à menacer ou remplacer la DSI. Elle permet, au contraire, de la replacer au cœur des projets digitaux. La DSI n’a plus seulement une vocation tactique et opérationnelle (comme fonction support), mais elle évolue vers un statut de plus en plus stratégique. Bref, elle devient un élément différenciant.

Un nouveau modèle organisationnel

La Digital Factory est un espace commun d’interaction entre métiers et DSI.

Un des enjeux de la Digital Factory est de réunir une diversité de  compétences et des profils variés au sein d’une équipe de taille limitée. On y retrouvera des UX designers, des développeurs, des 3D-artists, des architectes SI, des gestionnaires de portfolio de projets, des data scientists, des geeks mais aussi et surtout des product owners, des utilisateurs issus du terrain, du marketing ou du métier. Cette diversité d’expertises est un véritable enjeu dans des organisations très structurées, et souvent très cloisonnées en termes de ressources humaines.

La Digital Factory, un accélérateur de projets

Le système d’information doit s’adapter en permanence, on le sait, et tout particulièrement du fait de la transformation digitale en cours. Le besoin supplémentaire d’agilité qui se matérialise dans la Digital Factory impose d’aller encore plus loin.

Fondé sur des temps longs, le SI traditionnel faisait déjà face, depuis quelques années, à une nouvelle organisation digitale en rupture : temps courts, agilité, réactivité et vitesse d’exécution. La mise en place d’une Digital Factory, qui augmente encore la réactivité, demande d’améliorer tous les processus de mise en production. Les nouvelles solutions déployées en production vont générer des évolutions dans l’architecture : les plateformes de micro-services et d’API management, par exemple, doivent être complétées par des plateformes de mesh (maillage en français, en référence aux multiples interactions dynamiques des personnes, des processus, des services…). Cette évolution de la plateforme de services, formalisée par le Gartner, exige des architectures de sécurité évolutives. La DSI devra donc implémenter de nouvelles briques applicatives et technologiques. Lors de la production rapide d’applications, il sera indispensable que l’infrastructure suive. Et surtout elle devra maîtriser une vision transversale de sa propre organisation, ainsi que de celle de l’ensemble de l’entreprise. Et par là même, faire évoluer ses équipes, maîtriser les nouvelles méthodes agiles, les approches collaboratives, le DevOps…

Une culture 100 % digitale

La Digital Factory se positionne comme une source d’innovation productive pour une DSI inventive.

Pour la DSI, c’est le moment, si ce n’est pas déjà fait, de montrer que sa proposition de valeur est plus large que la mise en œuvre et la maintenance du legacy.

Dans ce contexte, la DSI sera force de proposition en matière d’innovations et développera une posture de conseil stratégique interne. Elle deviendra un « réacteur créatif » animé par des talents qui, au quotidien, produisent des solutions digitales, développent une expertise sur ces nouvelles technologies, mais aussi une connaissance de l’écosystème digital (start-up, partenaires spécialisés…), et qui la diffusent dans l’entreprise pour accélérer sa transformation.

Dans cet environnement où la créativité et le collaboratif s’expriment, l’équipe va proposer de nouvelles possibilités et sera naturellement créatrice de valeur pour l’ensemble de l’organisation. Elle deviendra également un lieu d’acculturation au digital, non pas sur le modèle des labs (dont la vision s’étend sur trois à cinq ans) mais avec la présentation d’outils actuellement en cours de production, avec des capacités accessibles dès maintenant.
La Digital Factory pousse les collaborateurs à se replacer au centre de projets toujours plus innovants. Pour les séduire et les retenir, le management devra jouer sur une organisation du travail libérée.

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David Maurange

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