Transformation Digitale

Les idées reçues du digital learning

6 novembre 2018

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Les idées reçues du digital learning

Méthode d’apprentissage rapide, rentable et flexible, le digital learning s’est imposé depuis quelques années dans le paysage de la formation. Cette tendance est également devenue un casse-tête pour un bon nombre de responsables formation. Les offres du learning manager, ou responsable de formations, sont plurielles. Entre MOOC, SPOC, mobile learning, quizz, plateformes, le choix est vaste. La formation change ses contenus, ses formats, ses acteurs et ses exigences.

Cependant, tout n’est pas aussi idyllique qu’on voudrait le croire. Entre les pressions pour digitaliser les contenus, réduire les coûts, gagner en souplesse ou rajeunir l’image d’un service formation, les responsables sont contraints de créer un mouton à cinq pattes.

Du côté des apprenants, la ligne bouge également. Fini le temps des séances en présentiel sur un format universitaire. À l’image de leur travail quotidien, les collaborateurs souhaitent expérimenter, diversifier et partager.

Si le digital learning fait de nombreux émules, et pour de bonnes raisons, quelques écueils sont à pointer afin d’éviter le retour de bâton. Voici une séléction des situations à risque :

« Le digital va résoudre tous nos problèmes »

Attention aux attentes trop élevées. Ce n’est pas parce que le moyen change que l’envie viendra. En d’autres termes, le désintérêt des formations n’est pas forcément lié aux conditions. Il peut venir d’un décalage entre les attentes et les résultats, des aprioris, ou simplement révéler un manque de disponibilités.

La numérisation des formations sera bénéfique à vos collaborateurs si leur seule barrière semble être un décalage entre leurs horaires et ceux du formateur.

Les entreprises souhaitant se lancer dans l’aventure doivent partir des besoins et non des possibilités. Il faut également penser à tous les publics, certains ne sont peut-être pas à l’aise sur les outils digitaux.

Les pistes d’amélioration : en premier lieu, créer une concordance entre les envies des collaborateurs et les connaissances transmises par le digital learning est indispensable. Ensuite, il faut évaluer les accès et vérifier qu’ils ne stigmatisent personne. Pour finir, s’assurer d’informer systématiquement les collègues concernés lorsqu’une nouvelle offre est disponible. Lettre interne, mailing ou magazine d’entreprise : être présent là où le public est.

« Il suffit de transformer nos contenus en modules digitaux »

Toutes les formes de contenus ne sont pas forcément adaptées à une lecture numérique. S’il existe de nombreux outils pour améliorer des PowerPoint facilement ou ajouter de la voix off à une présentation, l’intégralité des formations ne pourra pas se digitaliser.

Des outils existent mais toutes les formations présentielles ne peuvent pas se réaliser en ligne..

Les pistes d’amélioration : afin que le virage vers le digital se déroule bien, il est important d’élaborer en amont les objectifs, les moyens et le planning. Concevoir des storyboards ou s’équiper de nouveaux outils est essentiel. Il est important de penser également à l’accessibilité qu’offre la solution. Quelques templates sont disponibles pour faire gagner du temps. Pour la partie pratique qui inclut les exercices, ils peuvent être aussi bien remodelés.

« Le digital va tracer les efforts »

Attention à l’excès de zèle, le digital learning ne doit en aucun cas incarner l’“œil de Moscou”. Si la solution numérique favorise le monitoring et le suivi, une plateforme d’apprentissage ne doit pas devenir un moyen de pression.

Connaître le temps de connexion, la fréquence, les acteurs ou les taux de réussite ne constitue pas assez de preuves pour justifier des changements. Par ailleurs, si les collaborateurs l’apprennent, les risques d’une perte de confiance et de bonne volonté sont à envisager.

Les pistes d’amélioration : Si quelques données statistiques semblent utiles pour valider les actions, les résultats doivent respecter les libertés personnelles. La sélection des bons indicateurs est clé, ils doivent être utiles et respectueux des collaborateurs.

« Plus besoin de formations en présentiel »

Si le digital learning permet de gommer les frictions liées aux disponibilités des formateurs et des formés, il ne règle pas tout. Certains apprentissages demandent une présence, ne serait-ce que pour les travaux pratiques ou dans une stratégie de cohésion d’équipe.

La formation en équipe représente un temps unique dédié aux collaborateurs afin qu’ils évoluent ensemble. En proposant un même contexte, des acteurs aux rôles entremêlés et aux problématiques communes, la formation physique aboutit à une cohésion d’équipe et un renforcement de l’esprit de groupe.

Certains exercices de mise en situation demandent également un jeu d’acteur qui n’est réalisable qu’hors écran.

La formation en présentiel est également riche de communication non verbale. Celle-ci étant partie intégrante de nos échanges, elle doit se retrouver dans un tel contexte.

Les pistes d’amélioration : attention à ne pas tout digitaliser. Puisque le numérique impose la distance, il peut également favoriser le désintérêt, la désarticulation entre équipes, voire, le découragement. Cette solution est très avantageuse, mais uniquement dans certains cas. Le secret de sa réussite en entreprise réside dans l’alignement des objectifs, des moyens et des metrics. Il ne faut pas hésiter à mixer les dispositifs et faire du blended learning !

Le digital learning regorge de promesses : gain de temps, de moyens, de fonds et de productivité, il incarne un nouvel eldorado de la formation. Si les solutions sont variées, reste à chaque entreprise de trouver celle qui lui convient le mieux. Si elles souhaitent se lancer dans la grande aventure de la formation 3.0  : Il serait de bon augure de prioriser les outils comme les contenus qu’elles souhaitent intégrer, de leur conférer des objectifs et de s’assurer que tous vos collaborateurs y aient accès. Si elles rencontrent un manque de temps ou de moyens, beaucoup de plateformes gratuites sont disponibles en plusieurs langues. Peut-être le premier pas vers la formation nouvelle génération.

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