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Drones : les opportunités pour l’entreprise sont dans les airs

D’abord inventé à des fins militaires, le drone est aujourd’hui associé à l’image d’appareils ludiques dédiés à la prise de vue aérienne et aux usages grand public. Le concept se prête cependant à des usages à la fois plus variés et plus ambitieux, qui se traduisent par de vraies opportunités de développement pour l’entreprise : de la surveillance à la livraison en passant par la modélisation 3D, les débouchés ne manquent pas. 

Le transport aérien automatisé, mythe ou réalité ?

Lors de l’édition 2016 du CES de Las Vegas, le grand salon international des nouvelles technologies, une société chinoise baptisée Ehang parvient à attirer sur elle les caméras du monde entier. Sur son stand, elle présente un prototype de véhicule volant capable d’emmener un passager. Muni d’une simple tablette permettant d’entrer sa destination, l’appareil fonctionne de façon parfaitement autonome.

Un an plus tard, en février 2017, l’agence des transports de Dubaï donne du crédit à cette idée que certains jugeaient irréalisable en annonçant son intention de déployer dans l’année une flotte de taxis volants. L’hypothèse du transport par drone serait donc crédible ?  

Amazon ne dira certainement pas le contraire. Le géant américain de la vente en ligne dépose régulièrement de nouveaux brevets visant à protéger ses recherches autour d’une livraison aérienne automatisée. Longtemps considéré comme une plaisanterie digne d’un 1er avril, le projet Amazon Prime Air fait aujourd’hui des émules.

En France, la Poste collabore par exemple avec une startup spécialisée, Atechsys, autour de scénarios de livraison dans lesquels un véhicule volant pourrait avantageusement remplacer le livreur humain.

Aucun de ces acteurs ne parle vraiment de colis déposé directement sur le pas de la porte. En revanche, l’hypothèse de bornes de collecte dans lesquels les paquets seraient amenés par des drones paraît aujourd’hui de plus en plus plausible.

Surveillance et connaissance du terrain

L’agriculture profite déjà de façon bien concrète des possibilités offertes par les drones. Capables de sillonner de grandes étendues tout en s’affranchissant des contraintes liées au relief, des appareils volants munis de caméras servent aujourd’hui à analyser les sols, optimiser l’irrigation ou surveiller la bonne croissance des récoltes.

Au fil du temps, les drones se spécialisent, avec des caméras capables d’analyser toujours plus finement leur environnement. Les images multispectrales (construites à partir de clichés réalisés sur des longueurs d’onde différentes) permettent aujourd’hui de détecter les plants malades au sein d’une parcelle, de façon à ne pas traiter les éléments sains.

De la même façon, le vol automatisé permet aujourd’hui de surveiller les sites sensibles et de géolocaliser sans délai les éventuels intrus.

Drones et modélisation 3D

Associées à des dispositifs de type Lidar (télédétection par laser), les caméras des drones modernes servent également à étudier les terrains et les reliefs. Appliquées aux secteurs de l’industrie ou de l’immobilier, ces technologies ouvrent de nouvelles possibilités en matière de Modélisation des Informations sur le Bâtiment, ou BIM.

Pour ce faire, les sociétés spécialisées exploitent le plus souvent la photogrammétrie, c’est-à-dire la recomposition d’images en trois dimensions à partir de photographies prises depuis différents points de vue. En étudiant la parallaxe entre ces différents points de vue, des algorithmes sont capables de compléter les volumes et de mesurer les coordonnées dans l’espace de chaque point de la structure.

Enrichies de textures, ces images en relief pourront être injectées dans un moteur de rendu graphique et alimenter, par exemple, une application de visite de site historique en réalité virtuelle.

Dans l’univers du bâtiment, le rôle du drone ne se limite pas à la modélisation 3D. On pourra par exemple l’utiliser pour repérer les ponts thermiques sur les parois extérieures d’un immeuble.

Demain, des drones toujours plus actifs

Pour les analystes de PwC, le secteur n’en est qu’à ses balbutiements. D’après leurs projections, le marché des solutions et technologies soutenues par des drones devrait représenter 127 milliards de dollars annuels en 2020, alors qu’il ne pesait que 2 milliards de dollars en 2016. Dans leurs conclusions, ils remarquent que cette explosion ne tient pas tant aux facultés intrinsèques du drone qu’à sa capacité à interagir avec d’autres technologies et à collecter des données qui nourriront ensuite d’autres outils.

Ils envisagent ainsi huit domaines de prédilection pour l’avènement des drones, qui englobent notamment la gestion des infrastructures, l’industrie des médias, l’assurance ou les télécommunications.

Pendant ce temps, d’autres élaborent des scénarios toujours plus complexes. Au Japon, une équipe de chercheurs travaille par exemple à la construction d’appareils volants miniatures capables de voler de fleur en fleur pour les polliniser. Demain, ces abeilles mécaniques pourraient se regrouper sous la forme d’un essaim contrôlé par une intelligence artificielle et effectuer leur mission en totale autonomie…

Alors, décollage réussi pour le drone ? Le phénomène devrait encore s’accélérer grâce à la démocratisation de systèmes embarqués intelligents. Imaginez, un drone capable de détecter une « anomalie » en comparant sa maquette numérique embarquée à une série de photos prises sur le terrain. Adossés à des algorithmes de prise de décision ou à des intelligences artificielles, les drones de demain voleront seuls, bien sûr, mais ils sauront aussi mener à bien des missions précises en complète autonomie.

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Mohammed Sijelmassi

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