Interactions ubiquitaires

Explorez l’enjeu des interactions ubiquitaires

Quelles sont les évolutions qui amèneront les objets connectés et l’Internet des Objets (IoT) à la maturité ? L’analyse du marché et des directions prises par les grands représentants du secteur montre que le trajet vers le « plateau de productivité » cher à Gartner passera par une réflexion articulée autour des interactions croisées et des interfaces.

L’essor de l’IoT grand public s’est fait autour d’une première génération d’appareils qui se cantonnaient à des liaisons point à point. Qu’il s’agisse d’un bracelet servant à mesurer nos activités au quotidien, d’un thermostat connecté ou même d’une ampoule, les informations circulent entre l’objet et un service en ligne, par l’intermédiaire du smartphone de l’utilisateur ou d’une connexion wi-fi. Souvent, les interactions sont limitées à la lecture d’informations (« Combien de pas ai-je faits aujourd’hui ? ») ou à une fonction de type télécommande (« Règle la température à 20 °C pour mon arrivée »).

La prolifération des objets connectés (8,4 milliards dans le monde en 2017 selon Gartner et 20,4 milliards attendus pour 2020) impose de dépasser ce modèle, dans lequel chaque appareil fonctionne avec une application mobile ou un service Web qui lui est propre. Cette évolution conduit les industriels du secteur à envisager des développements selon plusieurs axes.

Connecté, c’est bien… interconnecté, c’est mieux

Le premier enjeu consiste à élaborer des interactions qui dépassent le périmètre de l’objet proprement dit. Dans l’univers domestique, les derniers produits de l’américain Nest (racheté par Google en 2014) ou du français Netatmo illustrent bien cette démarche : leurs caméras de sécurité sont capables d’actionner les interrupteurs ou les volets roulants quand elles détectent une intrusion possible. Reliés au même réseau (souvent le wi-fi domestique), ces appareils connectés déclenchent des actions en cascade sans intervention spécifique de l’utilisateur.

Si connecter un objet revient à lui ajouter un service supplémentaire, mettre en réseau ces différents objets permet donc de répondre à des problématiques plus complexes.

Prenons l’exemple d’une chambre d’hôtel dont on a connecté tous les éléments domotiques. Avant même d’être arrivé sur place, le visiteur d’une nuit va recevoir sur son smartphone une clé virtuelle pour ouvrir la porte et choisira, à distance, la température de l’air conditionné, son film en vidéo à la demande et à quelle heure il faut lui faire couler un bain. De cette façon, il s’affranchit des télécommandes, interrupteurs et autres interfaces spécifiques. Il est également capable de retrouver ses paramètres préférés dans tous les hôtels intégrant la solution.

Expérience utilisateur : se libérer de son smartphone

Pourquoi Google, Amazon, Apple et Microsoft dépensent-ils tant d’énergie à développer des assistants personnels basés sur la voix ? Derrière les petites enceintes Echo, Home, HomePod ou Invoke, on retrouve la volonté d’offrir un service d’interface universel entre l’utilisateur, ses objets et ses services favoris.

La prise en charge du français est encore limitée mais Google Home pilote déjà sans le moindre problème Netflix, une ampoule connectée Philips Hue ou une caméra Nest, à la voix et dans la langue de Molière. Et si l’on ne souhaite pas ou si le contexte ne permet pas de parler ? Le premier écran venu, tablette tactile, TV connectée, porte de réfrigérateur ou tableau de bord de voiture, prendra le relais.

Mis en réseau et rendus accessibles par des interfaces partagées, les objets connectés permettent d’écrire des scénarios d’usage qui s’inscrivent dans la durée. L’exemple typique, c’est celui de l’alarme domestique qui se désactive automatiquement à l’approche de la voiture du propriétaire, ouvre les volets du salon et charge sur l’écran de télévision son programme préféré.

On peut également se projeter dans un univers professionnel dans lequel l’opérateur peut interagir avec son assistant vocal pour afficher la documentation d’assemblage sur l’écran connecté, demander une pièce de rechange qui lui est apportée par un automate et visualiser dans les lunettes de réalité augmentée le mode opératoire permettant de finaliser son process dans les règles de l’art.

Finalement, ce qu’attend l’utilisateur c’est que les différents appareils à sa disposition contribuent à une expérience complète, globale, et que l’interaction devienne la plus transparente possible. Il peut ainsi choisir le support le plus adapté selon qu’il est seul, accompagné, les mains libres ou occupées, etc.

Plateformes de mesh et rencontre avec l’IA…

L’intégration de l’intelligence artificielle dans cet écosystème va permettre d’utiliser les informations issues de l’ensemble des composants pour affiner la connaissance du contexte de l’utilisateur, individualiser les services, ajuster les réponses, anticiper les attentes de l’utilisateur et démultiplier encore le champ des possibles… Jarvis n’a qu’à bien se tenir !

En attendant que l’IoT rejoigne le champ de l’IA, il reste une question de taille : celle de l’interopérabilité entre les différents systèmes, freinée par la rivalité commerciale des différents acteurs impliqués. Il s’agit donc de mettre en place des écosystèmes de mesh (maillage des applications, des objets et terminaux) reposant sur des plateformes qui connectent l’ensemble des devices et des applications pour supporter des parcours utilisateurs globaux. Dès lors que cette contrainte aura été surmontée, la promesse d’interactions ubiquitaires fera émerger d’innombrables débouchés pour les spécialistes du secteur, qu’ils soient constructeurs de matériels, intégrateurs, distributeurs ou concepteurs de services.

 

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David Maurange

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