Internet des Objets

IoT en France : de la nécessité d’accélérer face aux GAFA

27 octobre 2017

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IoT en France : de la nécessité d’accélérer face aux GAFA

Demain, tous connectés ? L’avènement de l’Internet des Objets (IoT) ne fait plus aucun doute : de la machine-outil industrielle au bracelet connecté en passant par l’automobile et la domotique, les interactions ne cessent de se multiplier… Quelle place peuvent occuper les entreprises françaises dans ce secteur objet de toutes les convoitises ? Face aux moyens colossaux mis en œuvre par les GAFA pour garder la maîtrise des plateformes, il reste de nombreuses cartes à jouer. 

IoT : une chaîne de valeur complexe

Les événements médiatiques comme le CES de Las Vegas nous dépeignent l’Internet des Objets comme un monde fait de capteurs dédiés à la santé et à la mobilité, et d’objets du quotidien dopés aux assistants intelligents à la façon de Google Home ou d’Amazon Echo. Un exemple emblématique du phénomène serait le rachat par Nokia du français Withings, précurseur sur le marché des objets connectés.

L’expression IoT englobe cependant un univers nettement plus vaste : elle illustre la façon dont la technologie nous permet désormais de valoriser les données issues des milliards d’objets autrefois inertes de notre quotidien, aussi bien dans le monde industriel que dans la vie de tous les jours. Il serait donc malvenu de se limiter à des gadgets conçus pour compter ses pas ou actionner un interrupteur à distance quand l’IoT ouvre un champ des possibles virtuellement illimité.

Pour s’y attaquer, il ne suffit pas simplement de coller quelques capteurs et un accès Internet au premier objet venu : il faut avant tout raisonner en fonction des usages permis par cette couche de connectivité, puisque c’est de là que viendra la valeur. Reste à voir comment bien la capter.

Le monde de l’IoT se décompose en couches qui déterminent les choix d’équipement et les modalités de mise en œuvre d’un objet connecté. Le premier niveau étant celui de la communication, avec le choix des technologies réseau qui assureront la mise en relation entre l’objet et sa plateforme.

Capitaliser sur la donnée et les usages

Derrière les standards peu adaptés à l’IoT comme le Wi-Fi et le Bluetooth, de nombreux standards s’y affrontent au gré des alliances industrielles. Un exemple ? La domotique grand public est aujourd’hui encore tiraillée entre le Zigbee et le Z-Wave, pendant que d’autres acteurs capitalisent sur des protocoles propriétaires.

Au palier supérieur, on trouve la couche qui va sous-tendre les interactions et le traitement informatique associé. C’est ici, à l’étage du logiciel, que se loge le gisement de valeur le plus important. En B2C, on y valorise toutes les données liées à l’utilisation faite de l’objet. En B2B, on y construit tous les scénarios d’usage, de la supervision à la maintenance prédictive en passant par l’automatisation.

Déjà leaders du cloud, les GAFA sont bien armés pour s’imposer à ce niveau puisqu’ils disposent déjà des infrastructures nécessaires. Forts de leurs économies d’échelle, ils se concentrent donc sur la construction de plateformes destinées à tous les industriels qui souhaitent entrer d’une façon ou d’une autre sur le marché de l’IoT. Cette position avantageuse n’a pas forcément vocation à devenir dominante. En réalité, elle révèle même de vraies opportunités.

GAFA et BATX, la tentation de la plateforme

La logique de plateforme développée par les GAFA impose en effet une vision très généraliste des sujets liés à l’IoT là où de nombreux métiers exigent une approche spécifique, soit parce que le sujet est trop pointu pour être adressé par un outil générique, soit parce que le secteur impose des règles particulières en matière de traitement des données. En récupérant la main sur cette couche logicielle, on se donne aussi la possibilité de concevoir des outils et des services véritablement ad hoc, correspondant à la fois aux contraintes du patrimoine informatique et aux enjeux business.

La réflexion est d’autant plus nécessaire que le secteur n’a pas fini d’évoluer. Derrière les GAFA qui balisent déjà bien le terrain, on voit en effet poindre la concurrence des géants asiatiques. On les regroupe eux aussi derrière un acronyme : BATX, pour Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi. Plus agressives encore que leurs modèles américains, ces quatre sociétés illustrent chacune à leur façon comment les économies d’échelle et le fait d’atteindre très vite une taille critique permettent ensuite de conquérir des parts de marché à l’international.

Marchés de niche ou la plateforme paneuropéenne, de nombreuses opportunités

Ces intermédiaires ne constituent pas un horizon indépassable. Au-delà des plateformes, le secteur foisonnant de l’IoT recèle de nombreuses opportunités déjà bien identifiées par les acteurs français et européens.

Précurseur des réseaux de communication bas débit dédiés aux communications M2M, le français Sigfox est historiquement installé à Toulouse. Dans son sillage est née une véritable IoT Valley qui regroupe plusieurs dizaines de startup spécialisées suivies par des poids lourds industriels comme Airbus ou SNCF. Ensemble, tous ces acteurs travaillent à la mise en œuvre de solutions et d’outils taillés pour répondre aux nouveaux usages, B2C comme B2B, qui découlent de l’avènement de l’IoT.

Dans ce contexte, la multiplicité des plateformes, des outils et des technologies est à voir comme autant de leviers disponibles pour répondre à des problématiques d’usage ou des scénarios industriels innovants. Quelles sont les clés pour ne pas rater le coche ?  Encourager les rapprochements pour faire naître des plateformes adaptées aux exigences de tel ou tel marché de niche, exploiter au mieux la richesse de l’offre en matière de plateformes métier et, surtout, penser à la valeur d’usage avant de réfléchir aux caractéristiques d’un objet.

Samsung ne s’y est pas trompé : depuis quatre ans, il travaille à la mise au point d’une plateforme dédiée à l’exploitation horizontale des données issues des objets connectés. Baptisée ARTIK, elle est pilotée par la cellule Innovation du groupe sud-coréen, à la tête de laquelle on trouve le français Luc Julia. Aujourd’hui, il recrute régulièrement pour Samsung des ingénieurs, français eux aussi, pour alimenter sa R&D.

Sa conviction ? Il explique que l’IoT délivrera sa pleine promesse quand les données issues d’objets épars seront regroupées au sein d’un même lieu numérique, de façon à ce que des algorithmes les recoupent et en extraient des informations utiles et s’en servent pour déclencher des actions.   

Début 2017, les députées Corinne Erhel et Laure de Raudière plaidaient dans un rapport parlementaire pour l’émergence d’une plateforme de services industriels à l’échelle européenne. Sans aller jusqu’à renouveler l’expérience du cloud souverain, c’est certainement en raisonnant en termes de normalisation et en créant un environnement de nature à attirer les talents que les acteurs français et européens arriveront à s’imposer sur ce marché prometteur.

Computer Science, Robots and Artificial Intelligence have been my passion since the 80’s. Thanks to Moore’s law and the great work of researchers all over the world, I’m happy now to deliver IoT and A.I. projects to our customers and to advise on those topics.
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