Innovation

Les robo-advisors s’étendent à l’assurance et à l’achat de voitures

8 janvier 2018

Les robo-advisors s’étendent à l’assurance et à l’achat de voitures

La comparaison des robots conseillers se limite souvent à l’analyse des coûts. Ce critère doit être élargi au rendement et à l’offre d’autres services que la gestion automatisée. Le marché croît très vivement. Même les grandes banques internationales traditionnelles se lancent dans ce créneau.

«La gestion de patrimoine automatisée n’est pas l’avenir du robo-advisor», déclare Herbert Moore, directeur et fondateur de WiseBanyan, un spécialiste américain du secteur, dans le «Robo Report» trimestriel de BackEnd Benchmarking. Le robot conseiller permet pourtant une baisse des coûts drastique aux clients des banques et des économies, notamment en personnel, pour les groupes financiers.

Plutôt que de se limiter à la gestion d’ETF, il est beaucoup plus intéressant, de l’avis de WiseBanyan, d’étendre ses services à d’autres produits financiers. Ce robo-advisor américain, dont l’offre de base est gratuite, aide maintenant les particuliers à trouver une hypothèque, une assurance vie et à refinancer les crédits aux étudiants. «Nous nous apprêtons à offrir des achats de véhicules. C’est l’une des premières grandes transactions financières des jeunes et des particuliers peu fortunés», explique-t-il.

Bientôt 1 milliard de francs auprès de Swissquote

Le marché américain du robo-advisor est considérablement en avance sur l’offre disponible en Suisse, tant en termes de taille que de diversité de l’offre et d’innovation. Aite Group prévoit qu’outre-Atlantique les robo-advisors américains géreront 166 milliards de dollars d’actifs à la fin de l’année et 1000 milliards en 2020. L’évolution de la finance aux Etats-Unis est particulièrement encourageante pour la Suisse puisque les tendances profondes ont coutume de traverser l’Atlantique. C’est ainsi que les ETF ont débuté en 1989 aux Etats-Unis et en 2000 en Europe. Les robo-advisors s’appuient précisément sur l’avantage de coûts des ETF pour offrir leurs services automatisés.

La tendance est favorable dans notre pays. Le robot conseiller de Swissquote devrait atteindre 200 millions de francs d’actifs à la fin de 2017 et 1 milliard d’ici à 2019 ou 2020, prévoit Marc Bürki, directeur général, dans une interview à L’Agefi. La concurrence reste toutefois limitée. Le portail VZ déclare plus de 2 milliards de francs, True Wealth «plus de 50 millions de francs». Descartes Finance ne donne pas d’indication.

Aux Etats-Unis, tous les grands gérants se lancent, même les banques traditionnelles. Vanguard, le deuxième plus grand gérant de fonds de placement du monde, gère 83 milliards de dollars d’actifs avec son robot. Betterment, un robot conseiller de la première heure, dépasse maintenant 10 milliards d’actifs. Selon le «Robo Report», T. Rowe Price et Zacks Advantage se sont lancés au troisième trimestre.

Bientôt aussi Goldman Sachs?

Morgan Stanley, Wells Fargo et potentiellement Goldman Sachs devraient présenter leur robo-advisor avant la fin de l’année. La banque d’investissement Morgan Stanley accroît les services numériques pour ses conseillers à la clientèle (en fonction du profil, de la démographie ou d’autres critères) et lance un robo-advisor «classique» pour attirer les ménages peu fortunés.

L’extension de l’offre conduit les acteurs américains à se spécialiser, à innover ou à offrir des niches particulières, comme l’assurance, le crédit à la consommation et l’investissement socialement responsable (Betterment, Motif, TIAA).

Wealthsimple promet par exemple une gestion de patrimoine conforme aux principes islamiques. Betterment, l’un des premiers aux Etats-Unis, donne accès aux fonds smart beta de Goldman Sachs. Ce type de fonds investit en fonction de règles indicielles particulières qui se distinguent des indices basés sur la capitalisation boursière.

Coût inférieur à celui du conseil financier traditionnel

Le coût d’un robo-advisor est important, mais ce n’est pas le seul critère à observer. Il est pourtant attractif, très inférieur à celui du conseil financier traditionnel. Pour Wealthfront par exemple, le seul robot américain à offrir un plan de retraite fiscalement avantageux (529 Plan), le coût est nul jusqu’à 10 000 dollars, puis de 0,25% au-dessus de cette barre. Pour WiseBanyan, il n’est que de 0,1% pour la stratégie passive, et pour le plus grand robo-advisor canadien, Wealthsimple, il se limite à 0,13%.

En Europe, les robots conseillers qui s’ouvrent à l’assurance sont français, compte tenu du poids de l’assurance vie dans la gestion de patrimoine. Personne n’est dès lors surpris que le premier acteur sur ce créneau, Advize, dispose d’un partenariat avec Generali pour le contrat d’assurance et d’un autre avec Morningstar pour la stratégie d’allocation. Particularité également locale, le conseiller robot utilise des unités de compte plutôt que des ETF.

La diversité des frais en Suisse

En Suisse, le coût d’un robo-advisor n’est pas facile à comparer en raison de la diversité des conditions. Selon le site Finews, True Wealth est le meilleur marché pour un portefeuille de 50 000 francs. Les honoraires s’élèvent à 400 francs par an, y compris un forfait de 0,5% et les coûts de produits à 0,3% (Total Expense Ratio).

Les montants minimums diffèrent grandement. Ils s’étendent de 500 francs auprès de VZ à 20 000 francs pour Swissquote ePrivate Banking, Descartes Finance et SaxoSelect.

Selon la comparaison réalisée par Moneyland.ch, les frais forfaitaires les plus bas démarrent à 0,3%. Ils s’appliquent à la stratégie la meilleur marché de Descartes Finance, mais le coût peut grimper à 0,8% selon celle qui est choisie. Les coûts forfaitaires vont de 0,5 à 1,25% auprès de VZ, 0,5% pour True Wealth, 0,6% pour Investomat, 0,72% pour Selma Finance, 0,85% pour SaxoSelect, 0,5% (+ 0,75% de frais administratifs) pour Swissquote. Les frais pour les produits sont parfois intégrés dans les frais forfaitaires, par exemple chez Swissquote, alors qu’il faut ajouter 0,18 à 0,28% pour True Wealth, ou 0,2% en moyenne pour VZ.

Difficile de comparer les performances

La performance des robo-advisors est difficile à comparer étant donné que les produits sont récents. En Suisse, le robot de Swissquote a toutefois déjà obtenu le Lipper Fund Award 2016 de la meilleure performance en actions suisses sur trois ans.

Aux Etats-Unis, les classements trimestriels sont très suivis et détaillés. L’analyse rendement/risque de BackEnd Benchmarking met en exergue la performance du robo-advisor de Schwab, fort de son risque le plus faible (déviation standard) et de sa deuxième meilleure performance sur un an (11,93%). Le ratio de Sharpe, qui mesure l’écart de rendement du portefeuille avec un placement sans risque, atteint le très haut niveau de 3,29.

Tous droits réservés : Le Temps/Worldcrunch par Emmanuel Garessus

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