Innovation

Les start-ups n’ont pas le monopole de l’innovation !

11 octobre 2016

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Les start-ups n’ont pas le monopole de l’innovation !

Tribune de Marc Giget, fondateur et président du Club de Paris des Directeurs de l’Innovation

Dans un monde en transformation rapide, les grands groupes ont longtemps souffert d’une image de « dinosaures », lourds et peu agiles. Mais depuis 2012, les entreprises globales rattrapent leur retard et reviennent en tête dans la course à l’innovation. 

Aujourd’hui, en France,  nous vivons encore dans l’illusion que les start-ups sont des champions de l’innovation, tandis que les grands groupes seraient à la traîne, handicapées par leur taille, leur manque d’agilité, leur prise de conscience trop tardive des révolutions qui sont désormais largement engagées… Nous entretenons volontiers un « mythe start-up ». Nous en dénombrons des milliers là où elles ne sont, en fait, que quelques poignées. Nous les imaginons tirer la création d’emploi dans notre pays là où la totalité d’entre elles n’atteint pas les volumes d’embauches annuelles d’un seul des grands du CAC 40.

La réalité est tout autre, et nos voisins américains, eux, l’ont bien compris. Les grands Groupes et les ETI prennent aujourd’hui leur revanche en matière d’innovation. Ils n’ont pas été assez rapides, et ils en ont tiré les leçons. Ils ont repris l’initiative. Ont largement amorcé leur démarche d’agilité et en récoltent déjà les fruits : flexibilité, rapidité, agilité et responsabilité, couplés à leur qualité première, l’excellence opérationnelle et industrielle. Les prospectivistes, notamment financiers, estiment que dans la décennie qui vient, ce sont les grands groupes qui seront leaders sur l’innovation.

Alors comment font-ils, ces groupes réputés si lourds et si peu flexibles pour « re-starter » de la sorte ? D’abord, ils ont les moyens de racheter leurs concurrents plus petits et plus innovants : le rachat de LinkedIn par Microsoft, de Fidor  par BPCE ou de Monster par Randstadt sont de récentes illustrations de cette stratégie de montée en innovation par l’acquisition. Ensuite, parce que les grands groupes ont adopté les techniques entrepreneuriales des start-ups, à l’image de Current,   une start-up « powered by » GE, le géant américain de l’énergie et des transports.

Ils ont aussi appris à faire leur révolution culturelle. Ils ont identifié les facteurs-clés de développement de l’innovation : créativité participative, acceptation de l’échec, coopération à tous les étages, mise à disposition de temps et de moyens destinés à l’innovation… Des facteurs de succès en grande partie humains, donc, qui éclairent les rôles-clés joués par l’engagement des collaborateurs et la mobilisation de la fonction Ressources Humaines.

Décidément, dans les grands groupes comme dans les start-ups, la bataille de l’innovation se joue avant tout sur les terrains culturels et humains, autour de valeurs qui relèvent, certes, de la vitesse et de l’excellence,  mais aussi d’ouverture et de plaisir.

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